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Whatever — Oasis : analyse des paroles

 

Sorti en décembre 1994 comme single indépendant entre Definitely Maybe et (What's the Story) Morning Glory?, « Whatever » est l'une des chansons les moins typiques du catalogue d'Oasis — et l'une des plus riches. Elle tranche avec le Britpop rugueux des premiers titres par son arrangement orchestral, ses harmonies vocales élaborées et un texte qui dépasse de loin les thèmes habituels du groupe.

 

Une déclaration de liberté individuelle, pas d'indifférence

Le titre « Whatever » est souvent interprété superficiellement comme de l'indifférence — le haussement d'épaules de quelqu'un qui s'en fout. C'est une lecture qui passe à côté du texte. La chanson dit précisément le contraire : « I'm free to be whatever I, whatever I choose » — je suis libre d'être ce que je veux, ce que je choisis. Ce n'est pas de l'indifférence, c'est une revendication d'autonomie et de liberté individuelle.

 

Noel Gallagher, qui a écrit la chanson, exprime ici quelque chose de plus proche de la philosophie beatnik ou de l'individualisme rock — la conviction que personne n'a le droit de définir ce que tu dois être ou faire. « Whatever » est le mot qui balaie les injonctions et les jugements extérieurs, pas celui qui dit « tout m'est égal ». La nuance est essentielle.

 

L'arrangement orchestral : une surprise dans le catalogue d'Oasis

En 1994, Oasis est un groupe de rock de Manchester à la production dense et électrique. « Whatever » arrive avec des cordes, des cuivres, des harmonies vocales en couches — un arrangement qui rappelle plus les Beatles de la période *Magical Mystery Tour* que le Britpop contemporain de Blur ou de Pulp. Ce n'est pas une coïncidence : Noel Gallagher a toujours revendiqué l'influence des Beatles, et « Whatever » est l'une des chansons où cette influence est la plus audible et assumée.

 

Cet arrangement donne à la chanson une ampleur inhabituelle, une générosité sonore qui dit quelque chose sur l'état d'esprit de Noel Gallagher en 1994 — en pleine ascension, confiant, prêt à prendre des risques formels que le groupe n'avait pas encore pris.

 

Neil Innes et le procès en plagiat

La chanson a fait l'objet d'un procès en plagiat : Neil Innes, musicien britannique connu pour son travail avec les Bonzo Dog Band et les Rutles, a estimé que la mélodie de « Whatever » ressemblait trop à son titre « How Sweet to Be an Idiot » (1973). Le différend a été réglé à l'amiable, et Neil Innes a été crédité comme co-auteur sur les éditions ultérieures de la chanson. Ce type de procédure est fréquent dans l'histoire du rock britannique, où les reprises et les emprunts mélodiques sont une pratique courante — mais il donne à « Whatever » une généalogie supplémentaire, l'inscrivant dans une tradition comique et expérimentale du rock britannique des années 70 que Noel Gallagher connaissait bien.

 

Place dans la discographie d'Oasis en 1994

*Definitely Maybe* était sorti en août 1994 — premier album d'Oasis, record de ventes pour un premier album en Grande-Bretagne à l'époque. « Whatever » sort quatre mois plus tard, et montre que le groupe n'entend pas se limiter à la formule qui venait de fonctionner si spectaculairement. C'est un single de transition, un signal envoyé : Oasis peut aller ailleurs, Oasis peut faire des cordes, Oasis peut écrire une chanson de trois minutes et demie qui tient sans guitare saturée. Ce signal sera pleinement confirmé par *(What's the Story) Morning Glory?* en 1995, l'album le plus ambitieux du groupe.

 

 

Questions fréquentes

 

Que signifie vraiment « Whatever » dans cette chanson ?

Pas de l'indifférence — de la liberté. Le texte dit « I'm free to be whatever I choose » : le mot « whatever » est ici une déclaration d'autonomie, un refus de se laisser définir par les attentes ou les jugements extérieurs. C'est la posture de quelqu'un qui revendique le droit d'être ce qu'il veut être, sans avoir à se justifier. Cette lecture transforme complètement la chanson : ce n'est pas du désengagement, c'est de l'affirmation de soi.

 

Pourquoi Neil Innes est-il crédité sur la chanson ?

Neil Innes, musicien britannique connu pour les Bonzo Dog Band et les Rutles, a estimé que la mélodie de « Whatever » ressemblait à son titre « How Sweet to Be an Idiot » (1973). Le différend a été réglé à l'amiable : Neil Innes a été crédité comme co-auteur, sans procès public. Cet accord fait partie des nombreux cas de litiges mélodiques dans l'histoire du rock britannique.

 

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