Rime en -ât : liste complète de mots qui riment en ât

Rime en -ât : liste complète des mots qui riment

 

Vous cherchez des mots qui riment en -ât ? En français, la terminaison -ât produit le son [a] — la voyelle ouverte antérieure, celle de patte, rat, bras. Ce son est l'un des plus productifs de toute la langue : il est orthographié -at (état, résultat, format), -a (bras, cas, pas), -as (tas, fracas, repas), (â circonflexe, rare), -ats (combats, soldats) et même -ah dans quelques interjections. Toutes ces formes produisent le même son final [a] et forment un seul et même groupe de rimes — l'un des plus vastes du français.

 

Techniquement, le â circonflexe note historiquement un [ɑ] postérieur (voyelle plus arrière que [a]) dans la prononciation classique — on l'entend encore dans certaines régions et dans la diction théâtrale soignée. En français standard contemporain, la distinction [a] / [ɑ] tend à disparaître, et les mots en riment sans difficulté avec ceux en -a et -at. Cette page traite l'ensemble du groupe [a] final.

 

 

🔤 Noms en -at (consonne finale muette)

 

Institutions, titres et résultats

  • état — condition d'une chose ou d'une personne ; nation souveraine. Exemple : « l'état des lieux »
  • résultat — ce qui découle d'une action. Exemple : « attendre le résultat »
  • format — dimensions, gabarit. Exemple : « un format inhabituel »
  • combat — lutte, affrontement. Exemple : « mener le combat »
  • débat — échange d'arguments contradictoires. Exemple : « ouvrir le débat »
  • mandat — mission confiée, durée d'exercice d'une fonction. Exemple : « renouveler son mandat »
  • syndicat — organisation représentative. Exemple : « adhérer au syndicat »
  • magistrat — fonctionnaire de la justice. Exemple : « la robe du magistrat »
  • candidat — personne qui se présente à une élection. Exemple : « les candidats au premier tour »
  • avocat — défenseur en justice ; fruit vert crémeux. Exemple : « l'avocat de la défense »
  • attentat — acte de violence politique. Exemple : « l'attentat a frappé la ville »
  • assassinat — meurtre prémédité. Exemple : « l'assassinat du président »

Chiffres, données, mesures

  • résultat — voir ci-dessus.

Animaux et nature

  • chat — félin domestique. Exemple : « le chat sur le toit »
  • rat — rongeur ; avare (familier). Exemple : « noyé comme un rat »
  • mât — pièce verticale d'un voilier. Exemple : « grimper au mât »
  • plat — surface plane ; récipient de cuisine ; mets. Exemple : « un plat de résistance »
  • bat — bât (orthographe correcte) : selle de bête de somme. Exemple : « c'est là que le bât blesse »
  • éclat — fragment ; brillance ; événement remarquable. Exemple : « l'éclat du rire »
  • fracas — bruit violent. Exemple : « tomber avec fracas »
  • lilas — arbuste aux fleurs mauves. Exemple : « l'odeur du lilas »

 

🔤 Noms en -a et -as (son [a] final)

 

Mots courants en -as

  • bras — membre supérieur. Exemple : « tomber dans les bras »
  • pas — enjambée ; négation. Exemple : « marcher d'un seul pas »
  • cas — situation, circonstance. Exemple : « en cas de doute »
  • tas — amas, accumulation. Exemple : « un tas de souvenirs »
  • repas — moment où l'on mange. Exemple : « le dernier repas »
  • trépas — la mort (registre soutenu). Exemple : « passer de vie à trépas »
  • fracas — bruit violent. Exemple : « avec armes et fracas »
  • tracas — soucis, embarras. Exemple : « les tracas du quotidien »
  • embarras — gêne, obstacle. Exemple : « l'embarras du choix »
  • cabas — sac de courses. Exemple : « le cabas de la marchande »
  • galetas — grenier misérable. Exemple : « dormir dans un galetas »
  • fatras — amas confus d'objets ou d'idées. Exemple : « un fatras de papiers »
  • matelas — literie rembourrée. Exemple : « tomber sur le matelas »
  • cadenas — serrure portative. Exemple : « fermer au cadenas »
  • canevas — toile ; schéma de base. Exemple : « le canevas du roman »
  • ramas — ramassage, ramassis (vieilli). Exemple : « un ramas de déchets »

Mots courants en -a

  • voilà — désigne ce qui est proche ou vient d'être dit. Exemple : « voilà le problème »
  • — adverbe de lieu. Exemple : « c'est là que tout a commencé »
  • déjà — qui a eu lieu avant. Exemple : « déjà vu »
  • opéra — genre lyrique ; bâtiment où on le joue. Exemple : « aller à l'opéra »
  • cinéma — art des images animées. Exemple : « une vie de cinéma »
  • panorama — vue étendue sur un paysage. Exemple : « un panorama saisissant »
  • drama — terme anglais pour drame (usuel en culture pop). Exemple : « créer du drama »
  • gala — fête brillante. Exemple : « une soirée de gala »
  • agenda — carnet d'organisation. Exemple : « l'agenda chargé »
  • quota — contingent fixé. Exemple : « dépasser le quota »

 

🔤 Formes verbales (passé simple 3e pers. du singulier)

 

Le passé simple à la 3e personne du singulier de tous les verbes du 1er groupe (et de aller) produit la terminaison -a prononcée [a], qui rime avec tous les mots du groupe.

  • il chanta — chanter. Exemple : « il chanta jusqu'à l'aube »
  • il parla — parler. Exemple : « il parla sans détour »
  • il aima — aimer. Exemple : « il aima pour la dernière fois »
  • il pleura — pleurer. Exemple : « il pleura sans un mot »
  • il rêva — rêver. Exemple : « il rêva d'un autre monde »
  • il marcha — marcher. Exemple : « il marcha toute la nuit »
  • il tomba — tomber. Exemple : « il tomba sans un cri »
  • il porta — porter. Exemple : « il porta la croix »
  • il trouva — trouver. Exemple : « il trouva enfin la paix »
  • il passa — passer. Exemple : « il passa comme un souffle »
  • il leva — lever. Exemple : « il leva les yeux »
  • il alla — aller. Exemple : « il alla jusqu'au bout »
  • il donna — donner. Exemple : « il donna tout ce qu'il avait »

 

🎵 Exemples d'usage en chanson et en poésie

La rime en [a] est la plus fréquente de toute la poésie et la chanson française. Elle est omniprésente dans le répertoire depuis les trouvères jusqu'au rap contemporain. Sa facilité apparente est trompeuse : c'est précisément parce qu'elle est si abondante qu'il faut choisir avec soin pour éviter la banalité.

 

Les passés simples (il chanta, il aima, il rêva, il tomba) sont la charpente narrative de la poésie française classique et de la chanson d'histoire. Ils donnent au récit une distance élégante et une musicalité naturelle. Les noms en -as (bras, pas, cas, repas, fracas, embarras) sont extrêmement maniables. Les noms en -at (état, combat, résultat, éclat) portent une densité sémantique plus forte.

 

Associations productives :

  • bras / pas / cas / repas / trépas — registre de la vie quotidienne et de la mort
  • état / combat / résultat / éclat — registre de l'action et de l'intensité
  • il chanta / il aima / il rêva / il passa — registre narratif au passé
  • fracas / tracas / embarras / fatras — registre du désordre et du bruit
  • là / voilà / déjà / opéra / cinéma — registre de la présence, du spectacle, du temps

 

🎯 Comment utiliser ces rimes ?

 

Pour le registre narratif classique : les passés simples (il chanta, il marcha, il tomba) créent un récit au passé élégant et distancié. C'est la rime de la ballade, de la fable, du conte chanté.

 

Pour varier les registres : associer un mot abstrait (état, combat) avec un mot concret (chat, bras, repas) dans la même rime maintient la rime tout en créant une variation sémantique qui évite la monotonie.

 

Pour les refrains frappants : là, voilà, déjà sont des adverbes courts et à fort impact phonique qui conviennent parfaitement aux fins de vers de refrain. Leur association avec pas ou bras dans un refrain produit une sonorité ouverte et facilement chantable.

 

❓ FAQ

 

Quelle différence entre le son -a et le son -â (avec circonflexe) ?

Historiquement, le â (a long avec accent circonflexe) notait une voyelle postérieure [ɑ], distincte du a antérieur [a] dans la prononciation classique française. On entend encore cette distinction dans la diction théâtrale et dans certains accents régionaux (notamment méridionaux et québécois). En français standard contemporain parlé, la distinction tend à disparaître et les deux sons sont confondus en [a]. En versification moderne, mât, pâte, âme riment librement avec bras, repas, combat.

 

Les passés simples en -a riment-ils avec les noms en -at ?

Oui — il chanta [ʃɑ̃ta] et état [eta] partagent tous deux la voyelle finale [a]. La rime est parfaite. C'est d'ailleurs une richesse de la versification française que de pouvoir mêler dans une strophe des formes verbales narratives (il aima, il rêva) avec des noms abstraits (état, résultat, combat) en maintenant une cohésion sonore parfaite.

 

Est-ce que « embarras » rime avec « bras » ?

Oui — embarras [ɑ̃baʁa] et bras [bʁa] partagent la terminaison [a]. La rime est parfaite. Le s final de embarras et de bras est muet dans les deux cas. C'est l'une des nombreuses rimes de ce groupe où la consonne finale écrite ne se prononce pas.

 

Y a-t-il une limite à la rime en -a ? N'est-elle pas trop facile ?

C'est un reproche classique, mais injustifié. La richesse du groupe tient précisément à son immensité : un auteur qui choisit bras / trépas / fracas / embarras dans une même strophe a fait des choix sémantiques précis parmi des centaines de possibilités. La facilité apparente de la rime en [a] est un piège : mal choisie, elle sonne creux ; bien choisie, elle produit une musique ouverte, naturelle et mémorable.

 

→ Voir aussi : Rimes en -a | Rimes en -as | Rimes en -at