Rime en été : liste complète de mots qui riment en été | Les Rimes de Brigitte
Rime en été : liste complète de mots qui riment en été
La rime en -été (et plus largement la rime en -é fermé) est la plus vaste de toute la langue française. Des centaines de mots, peut-être plus d'un millier, partagent ce son final [e] — et
parmi eux, une famille à la fois cohérente et extraordinairement riche : les noms abstraits en -ité et -té, hérités du latin -itas, -tatis.
Beauté, liberté, vérité, clarté, bonté, santé — ces six mots ont traversé les siècles de la poésie française depuis les trouvères médiévaux jusqu'au rap contemporain. Ils sont la
matière première de la chanson lyrique et de la poésie engagée. Liberté, j'écris ton nom — Éluard, 1942, pendant l'Occupation. La rime en été porte en elle l'histoire de la langue et de
ses idéaux.
Sur Les Rimes de Brigitte — site de rimes, d'analyses de chansons et de citations placé sous le signe de Brigantia, déesse celte de la poésie — voici la liste la plus complète et la mieux
organisée des mots qui riment en été.
La rime en été repose sur le son [e] fermé — la voyelle fermée antérieure non arrondie, le é accentué de beauté, été, liberté. C'est le son le plus clair et
le plus aigu des voyelles françaises, celui qui monte et qui brille.
Quels mots entrent dans cette rime ?
Tous les mots qui se terminent par le son [e] fermé riment en été :
Les noms en -ité : beauté, liberté, vérité, qualité, santé...
Les noms en -té : clarté, bonté, fierté, sûreté, nouveauté...
Les noms en -ié : amitié, moitié, pitié, société (avec yod final)
Les participes passés masculins en -é : aimé, chanté, parlé, désiré...
Les infinitifs en -er prononcés [e] : aimer, chanter, danser...
Les deuxièmes personnes du pluriel en -ez : vous aimez, vous chantez...
Les noms en -ée prononcés [e] : année, journée, nuit étoilée...
Les mots isolés : été, café, blé, clé, pied, nez...
Cette page se concentre sur la famille des noms abstraits en -ité/-té, qui constituent le cœur poétique de la rime en été. Pour les participes passés et infinitifs, consultez
notre page rime en é.
Le suffixe -ité : l'héritage latin
Le suffixe -ité (et sa variante contractée -té après consonne) est l'un des plus productifs de la langue française. Il vient directement du latin -itas,
-tatis, qui formait des noms abstraits désignant une qualité ou un état à partir d'adjectifs :
bonus (bon) → bonitas (bonté) → bonté
liber (libre) → libertas (liberté) → liberté
verus (vrai) → veritas (vérité) → vérité
pulcher (beau) → pulchritudo puis bellitas → beauté
humanus → humanitas → humanité
Ce suffixe reste pleinement vivant en français contemporain — il continue de former de nouveaux mots : connectivité, durabilité, proactivité, traçabilité. Tout adjectif peut
théoriquement engendrer un nom en -ité. La langue n'a pas fini de créer des rimes en été.
Vertus et qualités morales
bonté — disposition à vouloir le bien d'autrui ; douceur bienveillante. Du latin bonitas.
beauté — qualité de ce qui est beau ; ce qui procure une émotion esthétique. La Beauté avec majuscule est un des idéaux classiques de la philosophie (le Bien, le Vrai, le
Beau).
fidélité — constance dans l'attachement, la parole donnée, l'amour. Fidélité conjugale, fidélité à ses principes.
loyauté — droiture, honnêteté dans les actes et les paroles ; respect des engagements. Du latin legalitas via l'ancien français.
générosité — disposition à donner largement, à aider sans compter. Du latin generositas : de noble naissance.
humilité — conscience de ses limites ; absence d'orgueil. Du latin humilitas : ce qui est proche de la terre (humus).
intégrité — honnêteté totale, refus de la corruption ; état de ce qui est intact. Du latin integritas.
dignité — qualité de ce qui mérite respect et estime ; sentiment de sa propre valeur. Du latin dignitas.
sincérité — franchise, absence de dissimulation ou d'hypocrisie. Du latin sinceritas : pureté (miel pur, sans cire étrangère).
modestie — discrétion, réserve sur ses propres mérites.
Valeurs politiques et sociales
liberté — pouvoir d'agir selon sa propre volonté dans les limites de la loi et du respect d'autrui. La liberté est la première des valeurs de la République française
(Liberté, Égalité, Fraternité).
égalité — principe selon lequel tous les êtres humains ont les mêmes droits fondamentaux. Deuxième terme de la devise républicaine.
fraternité — sentiment de solidarité entre les membres d'une communauté humaine. Troisième terme de la devise républicaine.
solidarité — entraide, soutien mutuel entre les membres d'un groupe ou d'une société.
justice — principe moral et social qui attribue à chacun ce qui lui est dû.
humanité — ensemble des êtres humains ; mais aussi qualité de ce qui est humain, bienveillant. Du latin humanitas.
démocratie — système politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple. Du grec demos (peuple) + kratos (pouvoir).
laïcité — principe de séparation des Églises et de l'État ; neutralité religieuse de l'espace public. Valeur fondamentale de la République française.
citoyenneté — statut et pratique du citoyen ; engagement dans la vie civique.
diversité — variété, pluralité ; état d'un groupe composé d'éléments différents.
États et conditions de l'être
santé — état de bon fonctionnement de l'organisme ; absence de maladie. La santé n'a pas de prix.
sérénité — calme tranquille et stable, paix intérieure. Du latin serenitas : temps clair.
félicité — bonheur parfait et durable ; béatitude. Du latin felicitas. La félicité est plus profonde et plus durable que la simple joie.
sécurité — état d'absence de danger ou de menace ; sentiment de protection.
tranquillité — état de calme, d'absence d'agitation ou de troubles.
satiété — état de satisfaction totale d'un besoin (faim, désir) ; le sentiment d'avoir assez. Manger jusqu'à satiété.
sobriété — modération dans la nourriture, la boisson, les dépenses ; qualité de ce qui est simple et sans excès.
volonté — faculté de vouloir, de se déterminer à agir ; énergie, fermeté dans l'action.
liberté — voir valeurs politiques.
mortalité — condition d'être mortel ; taux de décès dans une population.
immortalité — qualité de ce qui ne meurt pas ; survie au-delà de la mort physique. L'immortalité de l'âme, l'immortalité par l'œuvre d'art.
éternité — durée infinie ; ce qui n'a ni commencement ni fin. L'éternité divine, l'éternité de l'amour.
Temps, nature et saisons
été — la saison chaude, entre le printemps et l'automne ; mais aussi, en poésie, le symbole de la plénitude, de la jeunesse, de l'épanouissement. Du latin aestas,
aestatis.
nouveauté — caractère de ce qui est nouveau ; chose nouvelle, innovation.
antiquité — époque ancienne ; les civilisations grecque et romaine. L'Antiquité avec majuscule.
modernité — caractère de ce qui est contemporain, actuel, en accord avec son temps.
durabilité — caractère de ce qui peut durer longtemps ; développement durable.
clarté — luminosité, absence d'obscurité ; au sens figuré, limpidité d'une pensée ou d'un style.
beauté — voir vertus.
Relations humaines
amitié — sentiment d'affection et d'attachement réciproque entre des personnes. Du latin amicitia. Amitié rime en été car sa terminaison -ié se prononce [je], et
la voyelle tonique finale est [e].
moitié — chacune des deux parties égales d'un tout ; en langage affectif : la moitié, c'est le conjoint, le compagnon de vie (ma douce moitié). Du latin
medietas.
pitié — sentiment de compassion face à la souffrance d'autrui ; parfois : sentiment de condescendance mêlé de tristesse. Par pitié.
société — ensemble organisé d'êtres humains vivant en communauté selon des règles ; mais aussi : compagnie, fréquentation d'autres personnes.
royauté — dignité, pouvoir, fonction du roi ; le régime monarchique.
majesté — grandeur imposante, prestige qui inspire le respect. Sa Majesté le Roi.
familiarité — attitude détendue et proche qui caractérise les relations familiales ou intimes ; manière d'être à l'aise avec quelqu'un.
intimité — caractère de ce qui est profondément personnel, privé ; proximité affective profonde.
hostilité — sentiment et attitude d'opposition, d'inimitié, de conflit.
Sciences et savoirs
université — établissement d'enseignement supérieur et de recherche. Du latin universitas : totalité, communauté.
réalité — ce qui existe effectivement ; l'ensemble du monde tel qu'il est.
virtualité — caractère de ce qui existe en puissance sans être actualisé ; dans le numérique : ce qui existe sous forme digitale.
complexité — caractère de ce qui est composé de nombreux éléments en interaction.
capacité — aptitude, pouvoir de faire quelque chose ; volume, contenance.
activité — ensemble des actions et occupations d'une personne ou d'un organisme.
productivité — rapport entre la production et les ressources utilisées.
créativité — faculté de créer, d'inventer, d'imaginer des solutions nouvelles.
curiosité — désir de savoir, d'apprendre, de comprendre. La curiosité est une vertu épistémique.
Les mots en -ié : amitié, moitié, pitié, société
Les mots terminés en -ié posent une question phonétique en versification française. Ils se prononcent avec un yod [j] avant la voyelle finale [e] : amitié [amitje],
moitié [mwatje], pitié [pitje], société [sɔsjete]. La question est : riment-ils avec beauté [bote] et liberté [libɛʀte] ?
En versification classique française : oui. Le yod [j] est traité comme une consonne d'appui et la rime porte sur la voyelle finale [e], identique dans les deux familles.
Amitié rime avec pitié (rime riche), et les deux riment avec liberté (rime suffisante à deux sons). Cette pratique est constante dans la poésie française depuis le
Moyen Âge.
amitié — affection, attachement réciproque entre personnes.
moitié — une des deux parties égales ; le conjoint (ma moitié).
Le temps long contre la brièveté de la vie — poésie métaphysique
Poésie grave
liberté
égalité
fraternité
La devise républicaine comme matière poétique — chanson engagée ou ironique
Engagé, politique
curiosité
créativité
université
Le savoir, la recherche, l'invention — poésie de la connaissance
Intellectuel
clarté
obscurité
vérité
Lumière contre ombre, connaissance contre ignorance
Philosophique
ingénuité
vélocité
frivolité
Mots rares — portrait d'un personnage léger et rapide
Humoristique, portrait
La rime en été en poésie et en chanson
La rime des idéaux
Depuis les troubadours du XIIe siècle jusqu'au rap contemporain, la rime en -ité/-té est la rime des idéaux abstraits — tout ce que l'humanité désire et ne saisit pas toujours. Beauté,
liberté, vérité, immortalité — ces mots portent en eux des siècles d'aspiration humaine. Paul Éluard, dans son poème Liberté (1942), énumère les surfaces sur lesquelles il écrit
le mot liberté — une litanie de participes passés qui se terminent tous en [e], créant une rime omniprésente qui devient incantation.
Éviter le cliché — renouveler les mots usés
La rime beauté / liberté / vérité est si usée qu'elle peut sembler facile. Trois stratégies pour la renouveler : (1) choisir des mots rares — ingénuité,
vélocité, placidité — qui portent le son mais surprennent par leur vocabulaire ; (2) mettre en tension des mots inattendus — absurdité / beauté dit quelque
chose que beauté / liberté ne dit pas ; (3) ancrer les abstraits dans du concret — ne pas parler de beauté en général mais de la beauté d'une chose précise, et la
faire rimer avec quelque chose d'inattendu.
Exemples de vers construits en été
La beauté d'une journée d'été
Vaut mieux que toute éternité
De fidélité sans clarté
J'ai cherché la vérité
Dans chaque amitié trahie
Dans chaque moitié de pitié
Conseils pour bien utiliser la rime en été
1. Sortir du triptyque usé. Beauté/liberté/vérité est le cliché absolu de la rime en été. Il n'est pas interdit — mais il demande un contexte qui le renouvelle. Sinon, allez
chercher des mots moins attendus.
2. Les mots rares élèvent le registre.Perspicacité, ingénuité, vélocité, loquacité — ces mots moins communs ont la même terminaison mais un tout autre effet. Ils
signalent que l'auteur a cherché, a lu, s'est souvenu.
3. Mélanger abstrait et concret. Les noms en -ité sont tous abstraits. Pour les ancrer, les associer à des images concrètes dans les autres vers : la liberté d'un
oiseau, la beauté d'un visage précis, la clarté d'une matinée d'hiver.
4. Jouer l'ironie. Les idéaux en -ité se prêtent à l'ironie : la générosité du riche qui donne des miettes, la sérénité forcée, la fraternité de
façade. L'écart entre l'idéal (le mot) et la réalité (le contexte) crée une tension poétique efficace.
5. La longueur des mots comme rythme.Clarté (2 syllabes) contre responsabilité (8 syllabes) — l'alternance de mots courts et longs en -ité dans les fins de
vers crée une variation rythmique naturelle.
5 exercices pratiques
1. Écrivez un poème de six vers en n'utilisant que des mots en -ité rares — aucun des mots du triptyque classique (beauté, liberté, vérité). Prouvez que la rime en été peut
surprendre.
2. Composez une variation ironique sur la devise républicaine — Liberté, Égalité, Fraternité — en montrant l'écart entre l'idéal et la réalité contemporaine. Huit
vers en -ité.
3. Faites rimer des mots en -ité avec des mots en -ié : beauté / amitié, liberté / moitié, éternité / pitié. Sentez la légère différence sonore entre les deux
familles et cherchez si elle produit un effet particulier.
4. Portrait en -ité : choisissez un personnage réel ou fictif et décrivez-le uniquement par des noms en -ité qui riment. Qu'est-ce que la liste de ses qualités dit de lui ?
5. Écrivez sur l'été (la saison) en faisant rimer été avec au moins cinq autres mots en -ité. L'été comme métaphore d'une qualité humaine ou d'un état.
Du latin -itas, -tatis, qui formait des noms abstraits à partir d'adjectifs : bonus → bonitas (bonté), liber → libertas (liberté), verus → veritas
(vérité). Ce suffixe reste actif en français contemporain.
Amitié, moitié et pitié riment-ils avec beauté ?
Oui, en versification française classique. Le yod [j] final de amitié [amitje] est traité comme consonne d'appui — la rime porte sur la voyelle finale [e], identique dans
beauté [bote]. Cette pratique est constante depuis le Moyen Âge.
Comment éviter les clichés de la rime en été ?
Utiliser des mots rares (ingénuité, vélocité, perspicacité), mettre en tension des abstraits inattendus (absurdité / beauté), ancrer les idéaux dans des images concrètes, ou
jouer l'ironie entre le mot idéal et la réalité qu'il désigne.